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La solitude dans le couple : comment y remédier ?

Un paradoxe qui parait incroyable lorsque l’on est célibataire et tellement douloureux pour ceux qui ont vécu des périodes de solitude dans leur vie

Quentin Lions spécialiste de la dépendance affective nous éclaire sur ce sujet et les raisons et les sorties de ce type de phénomènes.

  • Vous est-il déjà arrivé de vous sentir seul alors que vous étiez à à peine quelques mètre de votre partenaire ?
  • Si oui, vous rappelez vous les circonstances ?
  • Faites vous parti de ces personnes qui se sentent mal en étant célibataire et globalement insatisfaites lorsqu’elles sont en couple ?
  • Ne trouvez-vous pas incroyable de vous sentir si seul alors que vous êtes supposé vous trouver dans un couple ?

La sensation d’être seul : illusion ou réalité ?

Un dicton de la « sagesse » populaire dit : il vaut mieux être seul que mal accompagné.

Qu’en pensez vous ?
Cette phrase vous parait-elle pertinente ?
Cela veut dire quoi pour vous « être mal accompagné » ?
N’est-on d’ailleurs pas seul au fond de soi lorsqu’on est mal accompagné ?

Commençons par explorer ce qu’est la solitude :

Le mot solitude vient du latin solus qui signifie être laissé sans secours, sans subsistance, être séparé de ce qui environne, avec lequel il n’y a rien d’autre.

La solitude fait donc appel à la notion de séparation du « reste ». Elle permet, de fait, de faire la distinction du soi et de se définir par la même occasion. Elle semble fondamentalement nécessaire, quel que soit le « reste » concerné.
Certains considère la solitude comme l’apanage des sages tandis que d’autres la voient comme une source d’isolement et de rejet.
Nous n’avons donc pas le même rapport à la solitude, ce qui veut dire que la façon dont on vit cette dernière est différente pour chacun, cela semble donc issu d’un apprentissage…
Le moment que nous avons tous en commun concernant la séparation remonte à la naissance. Nous avons tous connu la séparation du corps de notre mère, on voit bien que cela fait référence à un des passages les plus emplis de détresse et traumatiques de l’existence :
On était dans un milieu aqueux, on se retrouve dans un environnement aérien. La sensation de l’air sec qui pénètre pour la première fois dans les poumons ouvre douloureusement les bronchioles.
On passe d’un milieu tempéré à un milieu froid où la peau frissonne et le corps doit répondre et s’adapter aux changements de température.
On passe d’un milieu sourd où les sons organiques de la mère étaient omniprésents à un environnement où les tympans viennent subir la pression de millions de molécules d’air avec des sons criards et agressifs.
Etc…
Cette première séparation s’accompagne d’une déformation de la boite crânienne si l’accouchement se fit par voie basse. Alors si vous ajoutez à cela, toutes les interventions médicales plus ou moins douloureuses ou désagréables (la plupart du temps nécessaire à la survie et la bonne santé physique) vous commencez à avoir une vague idée de ce que cette séparation peut laisser comme traces dans l’inconscient.

Au bout de quelques mois, l’enfant réalise que, même s’il ne voit pas sa mère, le lien continue d’exister. Lorsqu’il l’appelle, elle revient, lorsqu’il a faim elle est là, lorsqu’il est mal, elle prend soin de lui. Enfin c’est ce qui se passe dans le développement d’une relation solide entre la mère et son enfant, mais là encore, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne ! A partir de là, on peut comprendre aisément que certains d’entre nous puissent avoir du mal à développer une véritable sensation de sécurité intérieure, et vivent très mal la solitude affective.
Il peut y avoir également des phobies qui se sont développées au cours du vécu (peur du harcèlement, de l’agression, , des sensations d’isolements profonds en situation de détresse (réelle ou fictive).
Quoi qu’il en soit la solitude amène à se retrouver seul face à sa réalité intérieure, certains seront démunis et apeurés dans ce genre de situation, alors que d’autres seront ravis d’avoir suffisamment de tranquillité pour aller explorer la profondeur intérieure de leur être sans être « pollué » par une présence externe.

Le couple, lorsqu’il représente une fuite de la solitude peut parfois rassurer les plus angoissés, malheureusement cela ne dure jamais très longtemps.
C’est alors une tentative d’échapper au face à face avec soi même. Son monde intérieur est tellement angoissant qu’il devient salutaire de le fuir, et le couple est souvent l’endroit dans lequel on cherche à se blottir, se fondre, s’entourer d’un « liquide amniotique affectif protecteur ».
Si de tels extrêmes sont atteints, on sent bien que le besoin est trop grand pour pouvoir être comblé. L’autre aura beau être aussi présent que possible, cela ne suffira jamais.

Dans ce type de situations, on peut véritablement constater un décalage entre ce qui est vécu et les faits : la personne est entourée, et pourtant la sensation profonde de solitude est intarissable.

On pourrait qualifier d’illusion cette solitude (alors qu’elle est bien réelle pour la personne qui la ressent) si on la confronte à la réalité où la proximité des autre n’est absolument pas contestable que ce soit sur le plan physique sur la sincérité de ses sentiments, sur sa bienveillance, sur sa douceur, etc…

Dans ce type de situation, on voit bien qu’un gouffre sans fond, généré par le cerveau de celui qui ressent cette solitude, pose un problème qui ne peut être comblé par l’extérieur ou par un quelconque couple !

Ceci étant, les choses n’ont pas besoin d’être aussi dramatiques, la sensation de solitude dans le couple peut être plus épisodique.

Il suffit de chercher à dialoguer sur un point qui nous tient à cœur sans que l’autre ne nous comprenne pour que l’on se renferme comme un huitre et que l’on se demande si on est entouré par « les bonnes personnes », puisqu’elles ne nous comprennent pas.
A chaque fois que l’on a le réflexe de se replier sur soi pour se protéger de l’autre ou pour faire un « chantage affectif » pour exprimer sa frustration, alors la sensation de solitude grandit.

C’est le réflexe de l’huitre mêlé à la technique de l’autruche !

En effet, on adopte très souvent les réflexes que l’on avait dans l’enfance, ceux là mêmes qui permettaient de déclacher l’attention de la « maman magique qui comprend tous ses besoins ». Sauf que l’on oublie que cette dernière était lié par un une relation de tout autre ordre que celui d’un partenaire. Il y a ce qu’on appelle une confusion des rôles.

Lorsque l’on vit une contrariété parce qu’on a la sensation de ne pas être compris, on adopte souvent les « mauvais réflexes » comme par exemple faire la tête, ou s’isoler dans son coin, se murer dans le silence, s’éloigner de l’autre pour faire des choses pratiques, bref autant de choix qui augmente encore la distance pour se donner l’illusion de se protéger de l’incompréhension de l’autre ! Alors qu’a bien y regarder de près, que peut produire ce genre de réflexes comme solution à une situation d’incompréhension ?
C’est ce que j’appelle le réflexe de l’huitre. On a mal à son estime de soi, à son ego, alors on se renferme pour se protéger.

Si après cela on adopte le réflexe de l’autruche qui consiste à s’enfouir la tête dans le sable pour ne pas affronter la réalité de sa propre situation, bien souvent en projetant la responsabilité de son sentiment de solitude sur les autres, alors on obtient le mélange parfait pour non seulement se sentir seul, mais en plus faire fuir les autres !

La solution ne se trouvera pas à l’extérieur, on l’a vu, mais bien à l’intérieur de soi et dans la modification de ses habitudes pour enfin prendre en charge ses propres besoins.

Chacun vit son histoire, alors quid du partage ?

On ne choisit pas ses partenaires par hasard. C’est comme si un programme parfait nous permettait de rencontrer les bonnes personnes pour nous faire prendre conscience de nos propres limites !
Quand on regarde les processus inconscients liés à la dépendance affective qui s’imposent dans les relations amoureuses, on se rend compte que les besoins sont réciproques.
Pourtant ils ne sont pas vécus de la même façon par les deux personnes, ce qui montre bien que même dans un couple, on est finalement bien seul.

Ce phénomène peut surprendre, voir paraitre étrange et pourtant c’est tou ce qu’il y a de plus normal. C’est d’ailleurs bien ce que l’on peut constater dans les couples qui se séparent :
SI on les écoutent parler, aucun des deux n’a vécu la même histoire !
Les souvenirs sont coupés, déformés, les propos et les intentions sont distordues, les émotions sont bien souvent différentes pour chacun, du plaisir pour l’un, là où il y a de la tristesse pour l’autre.

Cela confirme bien que, quoi que l’on vive ou partage, on est seul dans sa tête, on est seul dans son monde.
Alors qu’en est il du partage ?
Comment faire ressurgir cet aspect fondamental d’un couple ?

La solution réside dans le fait d’accepter que l’autre vive ses propres émotions avec ses propres envies et son propre filtre de perception.
En effet on ne peut pas être dans la tête des autres, ni même modifier leur comportement.
En revanche, on peut sans problème se rapprocher sur une des choses les facilement définissable comme étant commune : la réalité des faits et de la matière.

Parler, non pas des émotions, ou des intentions, mais des faits, de ce qui nous entoure, du goût des aliments, de la beauté d’un décors, des actes qui nous surprennent, etc…

C’est l’art du partage !

Ne pas imposer à l’autre sa vision des choses ou chercher à avoir raison, mais laisser la liberté aux deux de se retrouver dans une zone de réalité commune exempte (le plus possible) de toute charge émotionnelle.

Ne l’oublions jamais, quoi qu’il arrive nous serons toujours seuls dans nos têtes et nos émotions, c’est ce qui fait de nous des individus.

Quelles solutions ?

Pour sortir de la sensation de solitude il faut déjà commencer par y entrer.
Cela parait fou et pourtant, c’est de la simple logique !
Sur le plan de la matière, comment pouvez vous imaginer sortir d’une pièce si vous n’y êtes pas entré d’abord ?
Il en va de même avec la notion de solitude.

Plongez vous dans cette sensation, allez explorer ce que vous y trouvez.
On l’a vu, si vous cherchez la solution à l’extérieur, vous ne pourrez jamais trouver la paix.
Le problème provenant de l’intérieur, il vous faudra aller au fond de vous même pour atteindre la solution.

Prenez donc l’habitude de vous observer, soyez à l’écoute de ce qui se passe en vous. Essayez de décrire pour vous même, le plus précisément possible tout ce qui vous traverse comme pensées et comme émotions, sans jugement, juste en tant qu’observateur.
Votre tristesse, vos vieux réflexes vont ressurgir et là vous pourrez les constater, et réaliser de quelle façon vous créez ce genre de situation, quelles sont les stratégies que vous mettez en place pour finalement atteindre cet état interne infernal.
Transformez votre malaise de solitude en démarche de découverte de vous même, vous y trouverez alors beaucoup plus de sérénité que vous ne pouvez l’imaginer.
Puis regardez autours de vous et constatez si vous êtes réellement seul ou si c’est l’attente implicite de compréhension de la part de l’autre qui vous fait adopter une stratégie d’éloignement. Vous savez, le « combo fatal » huitre-autruche !
Regardez votre présent et ce qui vit en vous et autours de vous et vous constaterez que l’angoisse se calmera d’elle même.

Habituez vous progressivement. Obligez-vous à rester seul à vous éloigner de l’autre, à lui donner rendez-vous unpeu plus tard pour pouvoir passer un peu de temps avec vous même, voir, pour méditer. Pratiquez une activité qui vous plaît seul, pour votre propre plaisir personnel (lire, vous promener, chanter, dessiner, etc…) La solitude sera ainsi associée à une émotion positive.
Allez y pas à pas, ne vous forcez pas trop, pas besoin d’être violent avec vous même !
Faites face plusieurs minutes, puis plusieurs heures, voir plusieurs jours sans être submergé par l’angoisse vous redonnera confiance en vous, en l’autre et en la relation. Petit à petit vous pourrez monter des projets qui vous tiennent à cœur de plus en plus grands, comme partir seul en week-end ou en vacances, et pourquoi pas réaliser vos rêves d’antan !

Communiquez mieux. Enlevez l’enjeu, les attentes implicites au maximum. Dites vous que si l’autre ne vous comprends pas c’est qu’il lui manque des données, et non que cela part d’un rejet de vous même !
Parles de vos besoin, de vos envies, de vos émotions avec le plus d’authenticité possible. Évitez au maximum les jugement et les accusations envers l’autre, donnez lui l’espace et l’envie de se rapprocher de vous dans la communication, car franchement, vous connaissez beaucoup de personnes capables d’ouvrir le cœur pour comprendre l’autre lorsqu’elles se font rejetées ?

Évitez de mettre de la pression là où il n’y a pas lieu. Réalisez qu’il n’y a aucun danger à ne pas être d’accord, c’est même a partir de la que la richesse de la complémentarité pourra émerger !Vous pouvez ne pas vous comprendre, ou même vous disputer, ce n’est pas si grave, trouvez la force de dédramatiser la situation. Dites vous que l’incompréhension n’a rien a voir avec un manque d’amour ou un manque d’intérêt pour vous.

Pour conclure, je dirais que la solitude est non seulement normale, mais inévitable et nécessaire, ce sont les angoisses qui lui sont liées qui vous encombrent, alors ne vous trompez plus de cible et allez chercher vôtre solution à l’intérieur

> Autre article de Quentin : Dépendance, indépendance et autonomie

Comment aller plus loin ?

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